Archives de la catégorie Créativité

Que pouvons-nous cesser de faire?

https://ideeseneducation.wordpress.com

On nous dit constamment ce que nous devons faire en plus de ce que nous faisons déjà en enseignement. On nous ajoute des tâches à chaque fois qu’un nouveau programme-cadre paraît, à chaque nouvelle année, à presque chaque rencontre du personnel. Des nouveaux projets, des nouvelles technologies, des nouvelles façons de faire avec des nouvelles ressources.

Si nous devons ajouter toutes ces tâches à notre charge de travail, est-ce possible qu’il y ait des choses que nous puissions CESSER de faire?

Oui. Il y a des choses que nous pouvons définitivement cesser de faire dans l’enseignement. Bien qu’il y ait de nombreuses choses que nous pouvons cesser de faire, je vais énumérer les trois que je crois être les plus urgentes.

Les élèves, c’est-à-dire les êtres humains, sont nés avec une curiosité naturelle. Émerveillés par le monde qui les entoure et les visages des autres personnes dès la naissance, les êtres humains veulent ardemment voir, toucher, goûter tout ce qu’ils peuvent. Les bébés mettent tout dans la bouche, les enfants posent des milliers de questions, incluant le fameux « pourquoi » (question qui peut parfois exaspérer ses parents tellement elle est fréquente!). Les êtres humains sont des apprenants naturels et ce qui les motive est leur curiosité.

Que pouvons-nous cesser de faire? En tant qu’enseignants, nous pouvons cesser de leur expliquer avec des leçons magistrales et de l’enseignement explicite tout ce que nous pensons qu’ils devraient savoir. Nous pouvons également cesser de leur fournir toute l’information qu’ils ont besoin d’avoir pour faire un projet, incluant les consignes et le format. Nous pouvons cesser de leur donner l’impression que toute l’information importante viendra de nous et qu’il vaut mieux écouter que découvrir.

En d’autres mots, nous pouvons cesser de tuer leur curiosité.

Les élèves, ou plutôt les jeunes personnes, ont une créativité innée et une imagination fertile. Elles s’inventent des amis là où elles n’en ont pas. Elles se construisent des forts avec des coussins et des draps, elles font parler des poupées, des camions et des oursons. Elles improvisent des chansons dans leurs lits à l’heure du dodo. Elles racontent des histoires impossibles et invraisemblables et merveilleuses.

Que pouvons-nous cesser de faire?En tant qu’enseignantes, nous pouvons cesser de leur donner des pages à colorier avec des couleurs préétablies. Nous pouvons également cesser de leur dire que leurs idées sont un peu farfelues ou irréalistes. Nous pouvons cesser d’accorder plus d’importance à l’évaluation qu’à l’apprentissage. Nous pouvons cesser d’ignorer les idées dans leur écriture en faveur de corriger seulement la grammaire et l’orthographe. Nous pouvons cesser de leur dire d’arrêter de rêvasser et de porter attention lorsqu’ils sont clairement ennuyés non pas par la matière, mais par notre approche à la matière.

En d’autres mots, nous pouvons cesser de tuer leur créativité.

Les élèves, ou devrais-je dire les enfants, prennent naturellement des risques. Ils grimpent des arbres sans se préoccuper du danger possible. Ils essaient des choses sans savoir si le succès est garanti et ils apprennent de leurs nombreuses faillites sans se décourager. Leur résilience et leur désir de s’améliorer leur permettent, la plupart du temps, de rebondir et de réessayer sans encouragement. Ils peuvent vivre principalement de la motivation intrinsèque d’avoir accompli ce qu’ils se sont proposés de faire.

Que pouvons-nous cesser de faire?En tant qu’enseignantes et enseignants, nous pouvons cesser d’utiliser l’évaluation pour classer, trier et punir les élèves. Nous pouvons cesser, également, d’exiger que les élèves se conforment à notre façon de faire s’ils ont une autre manière qu’ils voudraient essayer. Nous pouvons cesser de faire le calcul de leurs notes de sorte que les évaluations faites avant qu’ils aient compris un concept figurent dans le calcul de leur note une fois qu’ils ont compris ce concept et peuvent le démontrer. Nous pouvons même cesser de les empêcher de commettre des erreurs et leur laisser en commettre (et voir les erreurs des autres) pour ensuite leur montrer comment ces erreurs peuvent mener à des apprentissages encore plus riches.

En d’autres mots, nous pouvons cesser de tuer leur vouloir de prendre des risques.

Il est rare l’élève qui émerge du système éducatif encore aussi curieux, aussi créatif et aussi voulant de prendre des risques qu’avant qu’il ne soit entré. Est-ce possible de mieux comprendre comment encourager ces qualités humaines qui nous ont si bien servies comme espèce? Si ce n’est pas possible de les encourager, pouvons-nous au moins cesser de les décourager?

Poster un commentaire

Différencier: comment?

https://ideeseneducation.wordpress.com/

Souvent une enseignante ou un enseignant demande un produit qui doit suivre un format spécifié, pensant que cela facilitera la correction et permettra de mieux contrôler la qualité de la production.

Cette approche n’est pas très différenciée, par contre. Si tous les élèves de la classe ont une présentation à faire pour un même projet, ne serait-ce pas possible de leur donner le choix quant au format? Si je vais assister à une série de présentations faites par les élèves, il me semble qu’un peu de variété serait souhaitable, non seulement au niveau pédagogique, mais pour éviter d’avoir à subir 20 versions de ce qui est essentiellement la même présentation!

Afin de démontrer les possibilités aux profs, j’ai préparé plusieurs différentes version du même projet en faisant l’emploi d’outils variées. Prezi et PowToon sont disponible gratuitement en ligne, les autres sont disponibles sur les ordinateurs des écoles. Le projet, intitulé « Je suis écoresponsable », contient plus ou moins les mêmes 5 énoncés, mais il est présenté avec des images et des approches assez différentes.

Sans maîtriser l’emploi de toutes les applications utilisées pour créer ces présentations, un enseignant peut quand-même guider les élèves quant aux messages présentés et les images utilisées en se référant à des critères pour une bonne présentation développés ensemble avec les élèves.

Les exemples sont disponibles en ligne aux adresses suivantes:

1. Prezi       2. PowToon       3. Movie Maker       4. Power Point (version 1) (version 2)

Avez-vous déjà donné des choix à vos élèves quant à la façon de présenter un travail ou un projet? Quels étaient les résultats?

, , , , , , , , , , , , , , , ,

1 commentaire

Images gratuites

D’où vient cette photo?

Elle vient de Getty Images, bien sûr!
(http://www.gettyimages.ca/)

Vous pouvez désormais choisir parmi des milliers d’images pour illustrer votre blogue ou votre page web, à condition que ce ne soit pas pour des buts lucratifs ou pour de la publicité. Ces images, qui pouvaient coûter des centaines de dollars auparavant (et le coûtent toujours, pour des utilisateurs commerciaux!), sont maintenant disponibles gratuitement pour certaines fins.

Grâce à une décision récente prise par Getty, se disant qu’il vaut mieux mettre les images à la disposition de certaines personnes que de se les laisser voler, les images peuvent être imbriquées (cherchez le symbole </> quand vous passez la souris sur l’image) directement sur votre page de blogue en copiant/collant le code directement sur la page.

Allez voir les choix disponibles et imbriquez une photo dans votre blogue dès aujourd’hui!

, , , , , , , , , , ,

Poster un commentaire

Faites une activité avec vos élèves faisant l’emploi des codes QR

Saviez-vous que les codes QR (Quick Response), communément employés pour des liens aux sites web, peuvent aussi être créés pour représenter n’importe quel mot, phrase ou nombre que vous voulez (y compris les accents et autres symboles)? Les codes QR peuvent être lus par une application pour le téléphone ou la tablette (disponible gratuitement) et traduits en texte.

Vous pouvez utiliser un des nombreux sites web gratuits pour créer vos propres codes QR. Mon site préféré est http://goqr.me/ parce qu’il est simple d’utilisation, ne nécessite pas la création d’un compte et les codes QR générés sont gratuits (y compris l’utilisation commerciale).

Le code suivant, par exemple, représente le mot « côté », incluant les accents :

côté

côté

Ce code représente « 3x + 2 = 17 » :

3x + 2 = 17

3x + 2 = 17

Ce code représente la phrase « Le prochain indice se trouve au local 114 »

Le prochain indice se retrouve au local 114

N’importe quel texte jusqu’à 300 caractères peut être transformé en code QR! Cela vous donne des idées? Peut-être une chasse au trésor avec des indices à « décoder » pour guider des groupes d’élèves (dont au moins un membre du groupe a une tablette ou un téléphone)? Une citation ou une question du jour à discuter en classe? Un jeu de société avec des cartes contenant des codes QR à lire pour obtenir la prochaine directive? La seule limite est l’imagination (la vôtre et celle de vos élèves).

Pour les personnes qui ne veulent pas « réinventer la roue », il y a même des activités pédagogiques déjà préparées qui font l’emploi des codes QR dans plusieurs matières et pour tous les groupes d’âge. Vous n’avez qu’à faire une recherche avec votre moteur de recherche préféré pour en trouver. Bonne découverte!

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Poster un commentaire

Quel est le but de l’éducation?

Si nous croyons la plupart de ce que nous lisons dernièrement au sujet de l’éducation, nous pourrions penser que son but principal est de préparer les jeunes pour des emplois. Et pour compliquer les choses davantage, pour des emplois qui n’existent même pas encore!

Mais est-ce vraiment cela le but de l’éducation? Est-ce que cela a toujours été le cas? Pouvons-nous résumer le but de l’éducation comme étant la préparation pour des emplois? Il me semble que cela ne rend pas vraiment justice à l’éducation…

L’éducation avant le XXe siècle
Historiquement, l’éducation avait certains objectifs: préparer les gens pour la vie religieuse, la vie professionnelle, la vie en société, ou possiblement la vie académique. Elle était moins qu’universelle: seulement une petite minorité était éduquée.

Au XIXe siècle, des professions telles que la médecine, l’ingénierie et le droit avaient des programmes post-secondaires reconnus, mais la plupart de l’éducation visait simplement éduquer l’individu. À l’exception de ceux qui se faisaient éduquer en préparation à la vie religieuse, ce que les personnes faisaient de leur éducation était leur décision.

En ce qui a trait aux métiers et aux autres types d’emplois, la formation était la responsabilité de l’employeur et son employé. Normalement, il y avait une période d’apprentissage avec l’employeur, où l’employé (rémunéré ou non) recevait une formation sur son futur métier. Lorsque ce dernier se sentait prêt, il partait pour exercer ce métier. Ce type d’apprentissage est aussi pertinente aujourd’hui qu’il l’a toujours été.

Définir l’éducation
Que signifie « une personne éduquée »? Auparavant, cela se résumait par ce qu’une personne avait lu, étudié et compris (peut-être la Bible, les classiques, certaines œuvres contemporaines considérées importantes), ainsi que l’étude des mathématiques et des sciences pour développer son raisonnement et sa logique. De plus, il fallait avoir acquis une certaine culture en développant une connaissance et une appréciation des arts. La plupart de ces éléments étaient de rigueur pour n’importe quelle personne qui voulait être considérée « éduquée ».

Qu’est-ce qui définira l’éducation pour notre époque? C’est à nous de définir le but de l’éducation (ou plutôt les buts, parce qu’ils peuvent être différents pour différents élèves) ainsi que ce que c’est une personne éduquée. Oui, c’est difficile de planifier pour un avenir incertain, mais quand est-ce que l’avenir est connu?

Ce n’est pas la première fois
S’agit-il vraiment d’une crise sans précédent en éducation? Sommes-nous en train d’éduquer la première génération qui doit se préparer pour des emplois qui n’existent pas encore?

Qu’en est-il de ceux et celles qui ont été scolarisés à l’aube de la révolution industrielle? Eux aussi ont dû s’adapter à des changements radicaux non seulement en manufacture, mais aussi dans les domaines du transport, des finances, de la communication et oui, de la technologie.

Les frères Wright ont été scolarisés avant même que la carrière de « pilote d’avion » n’existe. Non seulement eux, mais des centaines de milliers de personnes, éduquées dans une époque préindustrielle (possiblement jusqu’à la 8e année, s’ils étaient parmi les chanceux), sont quand-même devenus opérateurs de télégraphe, réparateurs de radio, cinéastes, téléphonistes et électriciens. Des personnes ont entamé des centaines de carrières qui n’existaient pas auparavant. En même temps, les femmes – autrefois plus ou moins limitées au service domestique – se joignaient au marché du travail, occupant un bon nombre de ces nouveaux emplois.

À cette époque, les gens ont appris à conduire des automobiles, se servir de machines à laver, de cuisinières électriques et d’une multitude d’autres nouveaux appareils sans en avoir reçu une formation à l’école. En effet, lorsque la grande majorité de ces personnes étaient à l’école, la plupart de ces appareils n’avaient même pas été inventés.

C’était le début d’un autre siècle, mais les similitudes sont quand-même assez frappantes.

Ce que nous faisons, ce que nous sommes
Je ne dis pas que le système éducatif ne doit pas changer ou s’adapter, mais je crois que ces changements devront s’effectuer en insistant sur ce qui est vraiment important dans n’importe quelle époque: l’initiative, l’adaptabilité, la résolution de problèmes, la créativité. De plus, je ne suis pas convaincu que le savoir ne soit encore démodé. Afin d’exercer les compétences susmentionnées, une base élargie et variée de connaissances est primordiale.

En d’autres mots, ce que l’éducation devra donner à sa clientèle n’est pas une préparation à un futur emploi, mais ce qui leur servira peu importe leur avenir. Cela est vrai parce que leurs emplois futurs (les chances sont fortes qu’ils en auront plusieurs) ne sont qu’une partie de leur vie future. Les autres rôles qu’ils occuperont dans leur vie (parent, citoyen, gestionnaire de finances personnelles, entraîneur d’équipe, membre d’organisme communautaire, etc.) sont aussi importants, sinon plus importants à la qualité de leur vie future que leurs emplois.

Ce qui importe
Si l’école ne peut pas tout faire pour que les élèves se sentent outillés et prêts à faire face à n’importe quoi, c’est normal. Les jeunes, comme les adultes, apprennent ailleurs qu’à l’école. Ce serait un peu égoïste de notre part de croire autrement. La différence c’est que l’école, contrairement aux autres occasions d’apprentissage dans la vie d’un élève, doit adopter une approche planifiée et cohérente. Cela ne veut pas dire qu’elle ne peut pas être souple et différenciée, mais elle ne peut pas se permettre de perdre de vue ce qui est important, ni de laisser les apprentissages au hasard.

J’ose croire que ce qui a toujours été important dans l’éducation demeurera important peu importe les changements ou les circonstances. Les écoles continueront à faire de leur mieux pour préparer les jeunes à la vie. L’école ne peut pas seulement consacrer ses efforts à préparer les élèves pour des futurs emplois, encore moins pour des emplois qui n’existent pas encore. Mais il faut se dire une chose : si certaines carrières n’existent pas encore, c’est seulement parce que les jeunes qui sont présentement dans nos classes ne les ont pas encore inventées!

, , , , , , , , , , , ,

Poster un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :