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Le portfolio numérique – curriculum vitae du XXIe siècle

Le portfolio n’est pas une idée nouvelle. Depuis longtemps, les artistes en font l’emploi pour conserver des échantillons de leurs œuvres afin de démontrer leurs compétences et leurs habiletés. L’idée a également été empruntée par des personnes de divers métiers pour les mêmes raisons: il est toujours préférable d’expliquer ses accomplissements à l’aide d’illustrations, de photos, etc. Ajouté à ceci, il peut y avoir des témoignages de la part des divers clients et le tout peut se partager lors d’un entretien où la personne aurait l’occasion de « vendre » ses services à un client potentiel.

Le curriculum vitae (CV), dans le monde des affaires, a été la méthode préférée d’étaler les informations au sujet de l’expérience, de la scolarisation et des compétences de la personne qui pose sa candidature pour un poste particulier au sein d’un organisme. Combiné avec l’entrevue et la vérification des références, le CV peut donner à l’employeur potentiel une assez bonne idée des connaissances, compétences, expériences et habiletés de la personne postulant un emploi.

Il y a quand-même des problèmes avec cette approche. Le CV est un outil incomplet pour dresser un portrait global de la personne. L’entrevue ne peut pas non plus déceler tous les aspects du caractère, toutes les qualités ou toutes les compétences de la personne, même si les bonnes questions sont posées (ce qui n’est pas toujours le cas). De plus, à part des recommandations des employeurs antérieurs, tout est présenté par la personne posant sa candidature: ce n’est donc que son point de vue.

Notre empreinte numérique personnelle ainsi que professionnelle, parce qu’elle est publique, est devenu non seulement une façon pour nos amis de mieux nous connaître et de communiquer avec nous, mais une façon pour les employeurs de voir d’autres sortes d’informations sur les candidats et candidates potentiels. Nos publications peuvent donner à tous, y compris des employeurs ou des clients potentiels, un aperçu de nos intérêts et de notre expérience. Elles peuvent également dire des choses sur notre caractère, nos valeurs et nos opinions (d’où l’importance de bien soigner son empreinte numérique).

Le portfolio professionnel numérique combine les avantages d’un CV avec ceux d’un portfolio traditionnel en nous permettant d’inclure des objets dans plusieurs médias. Documents numériques, photos, vidéos, enregistrements sonores, et bien d’autres peuvent étoffer un portfolio numérique. Ajouté à ces derniers peuvent être des liens à ses publications, à son compte Twitter, sa page facebook ou son blogue. Pour un emploi qui implique l’utilisation de ces types d’outils (et il y en a de plus en plus qui l’encouragent, voire l’exigent), l’utilisation des médias sociaux et d’autres outils Web 2.0 prennent une nouvelle importance.

Le portfolio numérique est un moyen privilégié pour se faire connaître, mais soyons réaliste. Un employeur au XXIe siècle, après avoir lu un CV, va surement faire sa propre recherche. Ce qu’il trouve dépendra de ce que vous avez affiché en ligne ou ce que d’autres ont affichés à votre sujet. Faites donc votre propre recherche au préalable ou demandez à un ami de le faire pour vous. Les résultats peuvent vous surprendre.

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Quel est le but de l’éducation?

Si nous croyons la plupart de ce que nous lisons dernièrement au sujet de l’éducation, nous pourrions penser que son but principal est de préparer les jeunes pour des emplois. Et pour compliquer les choses davantage, pour des emplois qui n’existent même pas encore!

Mais est-ce vraiment cela le but de l’éducation? Est-ce que cela a toujours été le cas? Pouvons-nous résumer le but de l’éducation comme étant la préparation pour des emplois? Il me semble que cela ne rend pas vraiment justice à l’éducation…

L’éducation avant le XXe siècle
Historiquement, l’éducation avait certains objectifs: préparer les gens pour la vie religieuse, la vie professionnelle, la vie en société, ou possiblement la vie académique. Elle était moins qu’universelle: seulement une petite minorité était éduquée.

Au XIXe siècle, des professions telles que la médecine, l’ingénierie et le droit avaient des programmes post-secondaires reconnus, mais la plupart de l’éducation visait simplement éduquer l’individu. À l’exception de ceux qui se faisaient éduquer en préparation à la vie religieuse, ce que les personnes faisaient de leur éducation était leur décision.

En ce qui a trait aux métiers et aux autres types d’emplois, la formation était la responsabilité de l’employeur et son employé. Normalement, il y avait une période d’apprentissage avec l’employeur, où l’employé (rémunéré ou non) recevait une formation sur son futur métier. Lorsque ce dernier se sentait prêt, il partait pour exercer ce métier. Ce type d’apprentissage est aussi pertinente aujourd’hui qu’il l’a toujours été.

Définir l’éducation
Que signifie « une personne éduquée »? Auparavant, cela se résumait par ce qu’une personne avait lu, étudié et compris (peut-être la Bible, les classiques, certaines œuvres contemporaines considérées importantes), ainsi que l’étude des mathématiques et des sciences pour développer son raisonnement et sa logique. De plus, il fallait avoir acquis une certaine culture en développant une connaissance et une appréciation des arts. La plupart de ces éléments étaient de rigueur pour n’importe quelle personne qui voulait être considérée « éduquée ».

Qu’est-ce qui définira l’éducation pour notre époque? C’est à nous de définir le but de l’éducation (ou plutôt les buts, parce qu’ils peuvent être différents pour différents élèves) ainsi que ce que c’est une personne éduquée. Oui, c’est difficile de planifier pour un avenir incertain, mais quand est-ce que l’avenir est connu?

Ce n’est pas la première fois
S’agit-il vraiment d’une crise sans précédent en éducation? Sommes-nous en train d’éduquer la première génération qui doit se préparer pour des emplois qui n’existent pas encore?

Qu’en est-il de ceux et celles qui ont été scolarisés à l’aube de la révolution industrielle? Eux aussi ont dû s’adapter à des changements radicaux non seulement en manufacture, mais aussi dans les domaines du transport, des finances, de la communication et oui, de la technologie.

Les frères Wright ont été scolarisés avant même que la carrière de « pilote d’avion » n’existe. Non seulement eux, mais des centaines de milliers de personnes, éduquées dans une époque préindustrielle (possiblement jusqu’à la 8e année, s’ils étaient parmi les chanceux), sont quand-même devenus opérateurs de télégraphe, réparateurs de radio, cinéastes, téléphonistes et électriciens. Des personnes ont entamé des centaines de carrières qui n’existaient pas auparavant. En même temps, les femmes – autrefois plus ou moins limitées au service domestique – se joignaient au marché du travail, occupant un bon nombre de ces nouveaux emplois.

À cette époque, les gens ont appris à conduire des automobiles, se servir de machines à laver, de cuisinières électriques et d’une multitude d’autres nouveaux appareils sans en avoir reçu une formation à l’école. En effet, lorsque la grande majorité de ces personnes étaient à l’école, la plupart de ces appareils n’avaient même pas été inventés.

C’était le début d’un autre siècle, mais les similitudes sont quand-même assez frappantes.

Ce que nous faisons, ce que nous sommes
Je ne dis pas que le système éducatif ne doit pas changer ou s’adapter, mais je crois que ces changements devront s’effectuer en insistant sur ce qui est vraiment important dans n’importe quelle époque: l’initiative, l’adaptabilité, la résolution de problèmes, la créativité. De plus, je ne suis pas convaincu que le savoir ne soit encore démodé. Afin d’exercer les compétences susmentionnées, une base élargie et variée de connaissances est primordiale.

En d’autres mots, ce que l’éducation devra donner à sa clientèle n’est pas une préparation à un futur emploi, mais ce qui leur servira peu importe leur avenir. Cela est vrai parce que leurs emplois futurs (les chances sont fortes qu’ils en auront plusieurs) ne sont qu’une partie de leur vie future. Les autres rôles qu’ils occuperont dans leur vie (parent, citoyen, gestionnaire de finances personnelles, entraîneur d’équipe, membre d’organisme communautaire, etc.) sont aussi importants, sinon plus importants à la qualité de leur vie future que leurs emplois.

Ce qui importe
Si l’école ne peut pas tout faire pour que les élèves se sentent outillés et prêts à faire face à n’importe quoi, c’est normal. Les jeunes, comme les adultes, apprennent ailleurs qu’à l’école. Ce serait un peu égoïste de notre part de croire autrement. La différence c’est que l’école, contrairement aux autres occasions d’apprentissage dans la vie d’un élève, doit adopter une approche planifiée et cohérente. Cela ne veut pas dire qu’elle ne peut pas être souple et différenciée, mais elle ne peut pas se permettre de perdre de vue ce qui est important, ni de laisser les apprentissages au hasard.

J’ose croire que ce qui a toujours été important dans l’éducation demeurera important peu importe les changements ou les circonstances. Les écoles continueront à faire de leur mieux pour préparer les jeunes à la vie. L’école ne peut pas seulement consacrer ses efforts à préparer les élèves pour des futurs emplois, encore moins pour des emplois qui n’existent pas encore. Mais il faut se dire une chose : si certaines carrières n’existent pas encore, c’est seulement parce que les jeunes qui sont présentement dans nos classes ne les ont pas encore inventées!

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